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Intelligence émotionnelle, compétence innée ou acquise ?


Le mot "intelligence" en soi signifie la faculté de connaître, de comprendre et de s'adapter facilement. A première vue, il s'agit uniquement de tout ce qui est relatif à la cognition, à la logique et à l'activité neuronale. Greffez le mot "émotionnelle" à côté, et cela chamboulerait le sens en ajoutant une couche d'émotions loin du raisonnement logico-mathématique.


L'intelligence émotionnelle est selon le PMBoK V7 est "la capacité à reconnaître ses propres émotions et celles des autres". Elle consiste à reconnaitre et comprendre ses propres sentiments, à avoir de l'empathie pour le ressenti des autres et en fin la capacité d'agir de manière adéquate pour nourrir la collaboration au sein de l'équipe de projet et entre toutes les parties prenantes.


L'intelligence émotionnelle retrouve toute son utilité lorsqu'on sait que les projets sont dirigés par des personnes et pour d'autres personnes. Le facteur humain est central dans toute démarche de gestion de projet puisque la valeur créée et le changement induit vont affecter positivement ou négativement des être humains. Par conséquent, mener le projet tout en entretenant des relations professionnelles saines et efficaces avec les autres parties prenantes est primordial dans l'environnement de l'équipe de gestion de projet.


La question qui se pose est alors, comment déchiffrer ce type d'intelligence qui fait appel à autre chose qu'exclusivement nos neurones ? Le PMBoK V7 illustre plusieurs dimensions de cette intelligence comme la conscience de soi, l'autogestion, la conscience sociale, et finalement la compétence sociale.


La conscience de soi est la capacité à se comprendre soi même, de savoir déchiffrer ses émotions, ses motivations et de s'autoévaluer de manière réaliste.


L'autogestion (autorégulation), est la capacité à orienter et contrôler ses propres impulsions et ses sentiments face à des perturbations. En trois mots, c'est "penser avant d'agir" et elle consiste surtout à ne pas prendre des décision à la hâte.


La conscience sociale est l'empathie qu'on développe en comprenant les sentiments des autres. C'est un faculté difficile puisqu'il s'agit de décrypter les signaux verbaux et comportementaux des autres.


La compétence sociale est le summum de l'intelligence émotionnelle est c'est vers elle que converge les autres composants. Elle consiste à gérer de manière efficace les groupes et les équipes, à créer des réseaux sociaux et à mener toutes les parties prenantes vers un terrain d'entente malgré la divergence des objectifs.

L'intelligence émotionnelle devient de plus en plus une compétence recherchée chez les chefs de projets qui l'utilise pour favoriser les chances de réussite de leurs projets ou pour éviter que la divergence des visions et des objectifs de chacune des parties prenantes ne soit un facteur à risque pour le projet. Mais la question est de savoir si ce type d'intelligence est inné ou bien s'acquiert avec le temps et l'expérience.


L'intelligence émotionnelle comme tout autre type d'intelligence, nécessite un minimum de talent inné et beaucoup de travail sur soi et de l'expérience pour être développée. Néanmoins, une sensibilité innée aux sentiments des autres fait qu'on est rapidement conscient de l'état d'âme et le changement d'humeur des parties prenantes du projet. Une sensibilité qu'il faut faire évoluer en s'efforçant d'être plus orienté vers le facteur humain que purement technique, puisque ce dernier est généralement maîtrisé/maîtrisable dans tout type de projet.

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